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Ruslan Hordiienko, de l'Ukraine à la France, du chagrin au silence

Ruslan Hordiienko, de l'Ukraine à la France, du chagrin au silence

RFI... · 29:13 · 3 232 écoutes

De l'album Littérature sans frontières

Description

« Viens, on va dans un café, on s'installe à une table et on ne prononce aucun mot. On se dévisage, on s'exprime avec nos gestes, nos regards, nos sourires... Et ce n'est qu'au bout d'un certain temps, si on le veut, bien sûr, que l'on s'adresse la première parole. Ou que l'on se quitte, sans connaître la voix de l'autre. » Suite à plusieurs déceptions amoureuses, Roméo, un jeune homme d'une vingtaine d'années, propose à des femmes et des hommes de se rencontrer, en silence. Originaire d’Ukraine, Ruslan Hordiienko arrive en France en 2015, à l’âge de dix-sept ans, pour étudier l’art dramatique à Strasbourg, Colmar puis Lyon. Aujourd’hui, il mêle théâtre, mouvement, performance et écriture dans sa pratique artistique, il écrit en français et Enfin silence est son premier roman. Extrait : Je suis tombé amoureux d’une fille. Un jour, je lui déclare mon amour, mais cet amour n’est pas réciproque. Nous devenons tout de même amis. Nous nous voyons fréquemment, jouons aux échecs et nous enivrons ensemble. L’amour m’apparaît à nouveau concevable, son refus à elle, précipité, ses yeux avides. Je commence à traduire tous ses gestes comme une invitation, tous ses regards comme une déclaration. Toutes mes pensées lui sont destinées, mon temps lui est dévolu, mes rêves lui sont dédiés. Je vois mon amour affamé, et bien que je m’efforce toujours de le lui cacher, je sens qu’elle le devine. Un soir, après une projection de film chez elle, je reste seul une vingtaine de minutes dans le hall de l’immeuble, à m’infliger le reste de la bouteille de vin qu’on avait entamée ensemble. Sûr de vouloir lui dire je t’aime. Certain de cette réciprocité. Impatient d’y céder. Je remonte, frappe à sa porte, gêné par ces mots que je suis sur le point de lui livrer, convaincu pourtant qu’elle les attend. Je lui confie 'je t’aime', je compte sur un 'moi aussi'. Non. Elle déclare n’éprouver aucune attirance pour moi, aucune passion, aucun amour. Rien. Nous nous quittons en nous prenant dans les bras, et j’associe désormais cette étreinte à un esp

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