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Hommage à Sonny Rollins

Hommage à Sonny Rollins

RFI... · 29:13 · 8 435 écoutes

De l'album L'Épopée des musiques noires

Description

Le saxophoniste américain Sonny Rollins s’est éteint le 25 mai 2026 à l’âge de 95 ans. Dernier grand représentant d’une génération de créateurs uniques, il a épousé les soubresauts stylistiques du jazz sans trahir sa musicalité délicatement fougueuse héritée de ses illustres prédécesseurs, Coleman Hawkins et Lester Young. Son imposante prestance et sa liberté d’expression le hissent aujourd’hui au rang des légendes du siècle. Lorsque l’on interrogeait Sonny Rollins sur sa destinée, son humilité jaillissait comme un rempart à une notoriété qu’il ne voulait pas embrasser. Plongé dans une pratique intense de son art, il préférait dédier sa virtuosité au public qui l’acclamait. Un concert de Sonny Rollins était toujours une expérience inédite, une invitation à l’accompagner dans une transe sensorielle que ses balancements corporels frénétiques révélaient. Un solo de Sonny Rollins pouvait être incandescent, soyeux, frondeur, ensorcelant. De décennie en décennie, son jeu majestueusement redoutable a fasciné ses plus fervents admirateurs sans perdre sa pertinence et son originalité. Les révolutions musicales, les modes, les tendances, les idiomes furent ses alliés pour développer une identité constante et parfaitement lisible. Il y eut des moments de doute, de remise en question, de quête personnelle, mais ces instants de réflexion ne furent jamais des renoncements. Si l’année 1956 restera comme l’étape majeure d’une boulimie productive, elle ne doit pas éluder l’ensemble d’une aventure humaine hors normes. Sonny Rollins a traversé le temps avec aplomb en bravant les obstacles les uns après les autres. Longtemps, il crut à la force spirituelle de la musique dont les bienfaits devaient apaiser une planète en souffrance. Au crépuscule de sa vie, il reconnaissait que ce désir sincère n’était qu’un vœu pieux. Son regard sur le monde était tristement lucide. Dès 1958, à travers sa « Freedom Suite », il rappelait que le sort réservé aux Afro-Américains par une société profondément raciste était d’une patente absurdité : « L'A

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