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1978 : Aldo Moro, l’enlèvement qui a fait trembler l’Italie

1978 : Aldo Moro, l’enlèvement qui a fait trembler l’Italie

Tim Girard... · 61:30 · 2,890 پلے

البم سے Autrement l'Histoire

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En 1978, l’Italie traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire contemporaine. Attentats, assassinats politiques et violences idéologiques rythment le quotidien de ce pays plongé dans ce que l’on appelle les « années de plomb ». Dans ce climat de peur et de tension extrême, Aldo Moro occupe une place centrale. Dirigeant majeur de la Démocratie chrétienne, ancien président du Conseil, juriste respecté et catholique convaincu, il est l’un des architectes du « compromis historique », un projet inédit visant à intégrer le Parti communiste italien au jeu gouvernemental afin de stabiliser une démocratie menacée de dislocation.Le 16 mars 1978, jour décisif où le Parlement doit voter la confiance à un gouvernement soutenu pour la première fois par les communistes, Aldo Moro quitte son domicile romain sous escorte. À 9h05, via Mario Fani, le convoi est pris dans une embuscade d’une efficacité redoutable. En quelques dizaines de secondes, cinq hommes chargés de sa protection sont abattus. Moro est extrait vivant de la voiture et emmené par un commando des Brigades rouges, organisation terroriste d’extrême gauche qui revendique aussitôt l’opération.Commencent alors cinquante-cinq jours de captivité. Moro est enfermé dans un appartement ordinaire de Rome, dans une pièce minuscule baptisée par ses ravisseurs « prison du peuple ». Il est soumis à un simulacre de procès idéologique et interrogé sur les responsabilités de l’État, la corruption et les équilibres du pouvoir. Mais surtout, il écrit. Des dizaines de lettres, adressées à sa famille, aux dirigeants politiques, au pape. Il y supplie l’État de négocier, affirmant qu’aucune raison d’État ne peut justifier le sacrifice d’une vie humaine. Ses mots sont lucides, parfois désespérés, souvent accusateurs.À l’extérieur, l’Italie se déchire. Le gouvernement adopte une position de fermeté absolue : aucune négociation avec les terroristes. Cette ligne est soutenue par la Démocratie chrétienne et le Parti communiste, soucieux de démontrer sa loyauté institutionnelle.

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