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Colbert : pouvoir, argent et naissance de l’État moderne

Colbert : pouvoir, argent et naissance de l’État moderne

Tim Girard... · 83:28 · 10,757 plays

From the album Autrement l'Histoire

Description

Bonus : un échange avec Lorànt Deutsch sur le rapport à l’histoire et pourquoi elle compte.En 1661, la France sort de décennies de troubles. Le jeune Louis XIV vient de perdre Mazarin et décide de gouverner seul. Dans l'ombre, un homme observe et prépare son ascension. Jean-Baptiste Colbert, fils de marchands de Reims, va devenir pendant vingt-deux ans l'architecte invisible de la puissance française.L'histoire commence par un thriller politique. En août 1661, Nicolas Fouquet, surintendant des finances, organise à Vaux-le-Vicomte la plus somptueuse fête du siècle. Trois mille invités, des jardins féeriques, un château plus beau que ceux du roi. Louis XIV observe, les mâchoires serrées. Derrière lui, Colbert a préparé ses dossiers. Trois semaines plus tard, Fouquet est arrêté par d'Artagnan à Nantes. Le pouvoir vient de changer de mains.Colbert incarne une nouvelle forme de pouvoir. Pas le panache des grands nobles, mais la compétence bureaucratique. Il appartient à cette noblesse de robe qui s'impose par l'administration plutôt que par l'épée. Pendant vingt ans, il a appris auprès de Le Tellier puis de Mazarin. Il a observé, accumulé, attendu le bon moment. Nommé contrôleur général des finances, il refonde le système. Il supprime le poste trop puissant de surintendant. Il traque les abus, réduit les pensions parasites, rationalise la collecte des impôts. En dix ans, les revenus de l'État doublent. Pas par des taxes nouvelles, mais par une meilleure gestion.Sa vision économique porte un nom : le mercantilisme. Pour enrichir la France, il faut exporter plus qu'on importe. Il crée des manufactures royales : les Gobelins pour les tapisseries, Saint-Gobain pour les miroirs, des ateliers à Abbeville, Sedan, Lyon. Il fait venir les meilleurs artisans d'Europe, parfois en secret. Il impose des normes de qualité drastiques. L'objectif : ne plus dépendre de Venise, de Hollande, d'Angleterre.Il construit une marine de guerre qui passe de vingt à près de trois cents vaisseaux. Il crée des arsenaux à Brest, Toulon, Rochefort.

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