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Burkina Faso: «Ce n'est pas en bâillonnant son propre peuple qu'on le libère»

Burkina Faso: «Ce n'est pas en bâillonnant son propre peuple qu'on le libère»

RFI... · 6:10 · 5,139 plays

From the album Le grand invité Afrique

Description

Le 30 septembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré lançait un putsch à Ouagadougou, pour en finir avec l'insurrection des groupes jihadistes qui occupaient près de la moitié du territoire du Burkina Faso. Quel est le bilan de son action à la tête du pays ? Inoussa Ouédraogo, qui vit aujourd'hui en exil, a été le directeur de publication de l'hebdomadaire Bendré et présidé la Société des éditeurs de la presse privée du Burkina Faso. RFI : Quand le capitaine Traoré affirme « La démocratie, ce n'est pas pour nous les Burkinabè », est-ce qu'il est dans la provocation ou est-ce qu'il le pense vraiment ? Inoussa Ouédraogo : Oh, disons que je ne sais pas. Provocation ou conviction, peu importe. Il est arrivé par les armes. En démocratie, il n'aurait jamais eu le pouvoir. Seule la dictature lui permet de rester le seul à tenir le micro et à décider seul de l'avenir de 25 millions de personnes. Il veut un pays sans contrepouvoir, où l'on peut disparaître pour un oui ou pour un non. Et dans une démocratie, il ne peut pas obtenir cela. Alors pour le capitaine Traoré, démocratie va avec révolution. Il affirme qu'il est le successeur du capitaine Sankara et qu'il reprend son œuvre révolutionnaire fondée sur le souverainisme. Est-ce qu'il n'y a pas, en effet, des points communs entre les deux officiers aux bérets rouges ? Dans la forme oui. Deux capitaines de 34 ans arrivés tous les deux par coup d'Etat. Sur le fond, malheureusement, tout semble les opposer. Sankara, sa révolution se voulait d'abord démocratique et populaire. Sankara, c'était l'humilité, le débat, la transparence. Ibrahim Traoré, c'est le silence, c'est l'opacité totale. Sankara disait « Malheur à qui bâillonne le peuple ». Aujourd'hui, tout le monde sait qui bâillonne le peuple burkinabè. À lire aussiBurkina Faso: Ibrahim Traoré dresse le bilan de ses quatre années au pouvoir Les quatre premières années du régime du capitaine Traoré sont marquées par de nombreuses mesures répressives. Mais le régime affirme que cela est justifié par la lutte contre le péril ji

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